Sabeth lui dit :
« Je vous demande pardon pour la moitié de pomme que je viens de manger ; voilà, je vous rends ce qui reste de la pomme. »
Le jardinier dit :
« Je ne suis pas le propriétaire du jardin, et je n'ai pas le pouvoir de vous accorder le pardon. »
« Qui est le propriétaire alors ? » demande Sabeth.
Le jardinier lui indique une maison. Sabeth s'y rend, demande à voir le propriétaire et lui raconte ce qui s'est passé.
Le propriétaire dit :
« Je vous pardonne à une seule condition ! Si vous l'acceptez ; vous êtes pardonné, sinon vous me rendrez des comptes au jour du jugement dernier devant Celui Qui veille tout le temps et Qui n'oublie rien. »
Sabeth se met à trembler de tout son corps, de peur que la condition ne soit trop dure.
« Quelle est cette condition ? » demanda-t-il.
« Je veux vous donner ma fille en mariage. » répondit le propriétaire.
« Est-ce là une condition ? C'est plutôt un prix de mérite et une récompense d'encouragement. »
Mais le propriétaire du jardin poursuit aussitôt :
« Je vais vous décrire ma fille : Elle est aveugle, sourde, muette, handicapée. Elle ne peut ni entendre, ni parler, ni voir, ni marcher ! Si vous la prenez pour épouse, je vous pardonne, sans cela vous ne pourrez pas bénéficier de mon pardon. »
Sabeth réfléchit longuement, la tête baissée...
Puis il dit :
- " Je l'épouserai. Maintenant, pardonnez-moi. Je la servirai devant Dieu Tout Puissant. "
Le propriétaire fait venir deux compagnons du Prophète :saws : pour être les témoins du mariage.
Puis arrive le jour du mariage.
Le père de la fille dit :
-" Je vous ai préparé une chambre dans ma maison. "
Il introduit ensuite sa fille dans la chambre et Sabeth entre à son tour.
Il la voit assise et lui adresse le salut conformément aux préceptes de l'Islam.
Son père lui avait dit qu'elle était aveugle, muette, sourde, et handicapée.
Or celle-ci répond à son salut, puis se lève, et lui serre la main. Il constate alors qu'elle n'est ni aveugle, ni sourde, ni muette, ni handicapée !
Etonné, il s'exclame :
" Expliquez-moi ? Votre père vous avez décrit autrement ! ! Vous n'êtes donc pas aveugle, sourde, muette et handicapée ?"
Elle lui répond :
-" Mon père ne vous a pas mentit : Il a dit que je ne voyais pas, et effectivement, je suis aveugle à tout ce qui puisse provoquer la colère de Dieu Tout Puissant. "
Il vous a dit également que j'étais sourde : effectivement, mes oreilles n'ont jamais entendu ni médisance, ni diffamation, ni frivolité, ni futilité.
Il vous a dit que j'étais muette : effectivement, je n'ai jamais prononcé de paroles susceptibles de susciter la colère de Dieu. Je suis muette à tout ce qui peut me divertir de mon adoration de Dieu.
Il vous a dit que j'étais handicapée : effectivement, je ne fréquente aucun lieu qui ne donne pas satisfaction à Dieu. Je vais seulement à la mosquée et accomplir de bonnes oeuvres.
"Mon père n'a pas menti mais a bien dit la vérité. "
Sabeth la regarde alors, et la trouve d'une beauté éblouissante. De leur union naquit le grand imam Abou Hanifa